Loi traveil XXL: Manifestation le 12 Septembre 10h30 a Toulon, Place de liberté

Monsieur le Président de la CGPME (Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises), la branche sans doute la plus « mariolle » du patronat français, a « donné » une interview à Var Matin. Nous l’avons lue, car déjà c’est très rare que cette organisation « donne » quelque chose.

Bon, le secrétaire général, Monsieur Jean-Eudes du Mesnil du Buisson, se livre à

l’exercice favori des propriétaires d’entreprise : la lamentation. La Bible du patronat français, c'est les pleurs. A côté d'une interview d'un représentant du Medef ou de la CGPME, le Livre de Job ressemble à un recueil de blagues ! Chaque apparition ou intervention d’un dirigeant du patronat rappelle irrésistiblement le sketch de Fernand Raynaud « J’suis qu’un pauv’ paysan ».

 

« C’est terrible, on n’y arrive plus, nous sommes écrasés par les charges, le coût du travail, les impôts, les taxes et les réglementations, les syndicats gréviculteurs !! ».

Mais sait on jamais : peut être a-t-il de bonnes raisons de pleurer. Que dit-il ?

« Il faut qu’on redynamise les marges des entreprises. La marge, ce n’est pas un gros mot. En France, le taux de marge est à 27 % contre 40 % en Allemagne ».

Diable ! 27 % seulement ! Peuchère. Vaut mieux placer ses sous sur un livret A. Ha non, il ne rapporte que 1,25 %, lui !

Mais qu’est ce donc que le taux de marge ?

En gestion, c’est le bénéfice sur le prix de revient. C'est synonyme, à peu de chose près, de taux de profit. C'est ce que ça rapporte aux actionnaires, après quelques déductions.

En gros, on va réver  : vous aussi, vous devenez patron. Vous achetez pour 75 euros de matière première, pour 75 euros de matériel pour transformer cette matière première, pour 50 euros de salaires plus charges sociales (salariales et « patronales »). Soit 200 euros de prix de revient.

Vous revendez la production 254 euros. (*)

Taux de marge : (254 - 200) / 200 = 27 %

Comment faire pour arriver à 40 % comme l’Allemagne ?

Il suffit de vendre la production 280 euros.

Donc, d’augmenter les prix.

Oui, mais non…  à qui vendre plus cher, en cette période d’austérité et de bas salaires ? La concurrence étrangère s’en donnerait à cœur joie !

Alors, il faut « acheter » moins cher les matières premières et le matériel.

Difficile, parce que les entreprises qui les vendent n’ont aucune envie de voir… baisser leur taux de marge !

Reste une solution, une « variable d’ajustement » : les 50 euros de salaire et  « charges ».

Supposons que vous arriviez à les baisser à 40 euros…

Le taux de marge serait alors de 33,68 % puisque (254 – 190) / 190 = 64 /190 = 33.68 %

Encore un effort, du genre baisser encore un peu les salaires plus « charges » à 185 euros. On doit pouvoir y arriver, à 40 %,  non ?

Évidemment ! Mais en France, la loi interdit de baisser le salaire. Alors, il reste les « charges ». Celles qui font tellement augmenter le « coût » du travail…

Charges sur lesquelles, déjà, dans notre pays, le nombre de niches, d’exonérations, de cadeaux ressemble à un catalogue de Noël !

Et c’est bien la demande du patronat ! Baisser les « charges » qui sont en fait une partie du salaire. Ces « charges » qui servent à financer solidairement la Sécurité Sociale dont le financement repose sur les salaires.  Or, comme il est rappelé dans l’article, ce genre de pratique est plus facile à mettre en œuvre dans des entreprises de moins de 10 salariés. Et l’article rappelle que 95 % des entreprises varoises sont dans ce cas.

Et si Mr Jean-Eudes ne parle que d’arriver à 40 %, comme en Allemagne, c’est que se comparer avec la Chine, là quand même, ça ferait… désordre. Attendons encore un peu !

Donc, ce que dit Jean-Eudes, c’est pas un gros mot. Mais c’est quand même indécent.

Et, en plus, à la question « Pourquoi ne pas s’engager sur des créations d’emploi ? »

Il répond : « Cela n’aurait pas de sens. »

Bref, nous on veut bien jouer avec « les « partenaires » sociaux. A condition qu’on gagne TOUJOURS et qu’on ne perde JAMAIS. Sinon, le coup est nul, et on ne joue plus, na !

Là, ce n’est plus indécent, ça devient un peu obscène. Comme quoi, on peut s’appeler Jean-Eudes du Mesnil du Buisson et être très grossier tout en parlant poliment !

 

Pour en savoir un peu plus sur Jean-Eudes du Mesnil du Buisson :

http://www.marianne.net/SlovarMarianne/CGPME-Comment-faire-son-lobbying-pour-2012-tout-en-bouffant-du-MEDEF-_a112.html

Louis Vaisse - Marc Louis

(*) Toutes celles et tous ceux qui ont suivi un stage syndical CGT savent comment se construit la valeur d'une marchandise, à travers la valeur du travail humain qu'elle contient. Et rien d'autre. Et pour toutes celles et ceux qui ne savent pas, inscrivez vous au futur stage de votre UL !!


Mis à jour ( Vendredi, 04 Avril 2014 16:47 )

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