ABROGATION de la loi "traveil" : Manifestation le 15 Septembre 10h30 a Toulon, Place de liberté

Ci dessous : le commentaire qui accompagnait le petit film réalisé à l'occasion du  5eme Congrès de l'Union Locale CGT de la Seyne.

En "rouge", indications des séquences filmées.




Le siège de l’Union Locale CGT de La Seyne (et ouest var) est actuellement  la Bourse du Travail un bâtiment mis à la disposition des syndicats de salariés, depuis 1903..

Notre ville n’avait pas attendu cette création pour entamer des luttes qui donneront à la cité un histoire  mouvementée et  riche sur le plan social, syndicale et  politique

Histoire marquée évidemment pas la présence  de Chantier de construction navale,

C’est dans les Chantiers navals que dès  1872, une grève éclate  suivi par 600 ouvriers sur 1.300, grève victorieuse, avec  paiement des jours de grève, Succès d’autant plus remarquable que les syndicats sont illégaux !!

Il faut attendre la loi du 21 mars 1884 pour que les syndicats soient enfin autorisés..

Dans la foulée, se créent les Bourses du Travail, qui vont se multiplier et vont donner naissance, en 1892, à La Fédération des Bourses du Travail

Et, en 1895, Création de la CGT au congrès de Limoges (1895).

Donc, en 1903, inauguration de la Bourse du travail de La Seyne.. C’est grâce aux cours d’instruction qui y seront donnés par les syndicats que de nombreux ouvriers apprendront à lire et à écrire.  Et évidemment elle abritera les congrès, les meetings et les rassemblements syndicaux lors des conflits qui vont marque l’histoire sociale de La Seyne.

Statuts de la Bourse

1913 : c’est à la Bourse du Travail de La Seyne que se tient le congrès constitutif de l’Union Départementale CGT. Le  secrétaire de la Bourse est Sabbatini, ouvrier des chantiers, natif de Pérouse en Italie.

1914 : Jean Jaurès, quelques semaines avant son assassinat, participa à un meeting contre la guerre.

La guerre va voir la direction de la CGT de l’époque  participer à l’Union Sacrée »

Mais, dès la fin de la guerre,  les conflits reprennent

10 juin - 28 juillet 1919 - la longue grève pour les salaires aux Forges et chantiers de la Méditerranée (La Seyne) se termine par un échec et le licenciement des “meneurs”.

il y a 90 ans, souvenirs d’un petit seynois :

« Nos souvenirs d'enfance nous ramènent souvent aux grandes grèves de 1919 et 1920, aux soupes populaires distribuées chaque jour devant la Bourse du Travail à des centaines de nos ouvriers des forges et chantiers. »

Du même jeune seynois, qui a 10 ans à l’époque : « Un soir de 1920, grand-père est arrivé tout drôle à la maison ! Pas de rires, pas de « blagues », pas de chansonnettes... Un long conciliabule avec mes parents, avec quelques voisins. Des exclamations étouffées. Une colère calme.
Grand-père était parmi ces ouvriers des F.C.M. ayant atteint 65 ans dans l’année. 65 ans ? L’âge fatidique du licenciement brutal, pur et simple, sans retraite, sans allocation, sans indemnité !
Grand-père avait débuté aux F.C.M. à l’âge de 10 ans, comme apprenti. Après 55 ans de service, de travail dans cette entreprise, voilà la reconnaissance ! Rien, absolument rien, sinon la misère pour les vieux jours !
» (Toussaint Merle, souvenir d’un petit Seynois)

Oui, il y a 90 ans, il n’y a ni caisse de retraite, ni sécurité sociale, ni congés payés. A partir de 1921, la scission entre « révolutionnaires » et « réformistes » va diviser la CGT en 2 : CGT et CGTU  et affaiblir le mouvement syndical.

Il faudra attendre le 2 mars 1936 pour voir la réunification, après les journées des 6 9 et 12 Févier 1934 et la menace d’un coup d’état fasciste . La même année, c’est le Front populaire et une immense vague de grèves qui secoue le pays, et La Seyne.

- Film gosses du lycée sur le front populaire

Marius Autran : Dès le 30 mai 1936 , les syndicats confédérés et unitaires créèrent le syndicat unifié des métaux, fort de 300 membres et dont le secrétaire fut Léon Mary.

Dans les directions syndicales d'alors, on trouve des travailleurs dont le nom restera attaché au syndicalisme seynois : Couret, électricien, Vanucci, chaudronnier, Giovannini, soudeur, Reverdito, maçon...

14 juillet 1936 : le quai Saturnin Fabre voit défiler ce jour-là des milliers de Seynois et de Seynoises enthousiastes. Jamais le port de La Seyne n'avait connu une foule aussi dense venue de tous les milieux sociaux : ouvriers, artisans, commerçants, enseignants, représentants des partis politiques républicains, des syndicats, des associations d'anciens combattants.

Tout ce peuple enthousiaste se pressait vers la place des Esplageoles. On estima à 10 000 le nombre de participants seynois,

Cela ne va pas durer : le grand patronat veut prendre sa revanche, et va profiter de la guerre pour le faire.  Guerre précédée du coup d’état en Espagne : le secrétaire adjoint de la Bourse du travail, jacques Casanova, y trouvera la mort, dans les Brigades Internationales.

(Photo Chemin Casanova)

La guerre qui éclate en 39,voit la déroute de l’armée française, la capitulation, la partition de la France en zone occupée et zone non occupée, et la mise en place de l’Etat Français, avec à sa tête Pétain et une clique de collaborateurs, représentants directs des grands patrons.

Le 19 Novembre 1940, la CGT et la CFTC sont dissoutes par Pétain

En Novembre 1942, la zone non occupée est..envahie. Les nazis veulent mettre la main sur la flotte française, qui se saborde, et sur les Chantiers de La Seyne.

Photos Archives Autran

La résistance s’organise de suite. En 1943, la CGT se réunifie à nouveau, clandestinement. Dans le Var, c’est Jo Bessone qui dirige le « triangle » clandestin de l’UD . A LA Seyne, il y a une grève le 10 Novembre 1943, lancée par la CGT clandestine. Puis une autre le 21 mars 1944 : rappelons qu’à cette époque, les grévistes et les dirigeants risquent la déportation ou la mort : le grève est interdite.

Et c’est devant la Bourse du travail que le 26 Aout 1944, des FTP Seynois font leur jonction avec les tirailleurs sénégalais qui vont libérer la ville.

Actus INA

La libération, c’est la mise en place du programme du conseil national de la Résistance, conseil où participait la CGT : création de la Sécurité Sociale, mise en place des systèmes de retraite par répartition, mise en place d’un vaste secteur public . Tout ce qui est remis en cause aujourd’hui.

Il s’agit donc de reconstruire le pays. C’est sans doute pour cela que l’on peut lire sur les cartes CGT de l’époque :

« le syndiqué…. » carte Archives personnelles.

Mais, à nouveau, cela ne va pas durer. Suite au plan Marshall, suite au traité de Yalta, le mouvement syndical est à nouveau divisé  …..

Bref, il va falloir attendre Mai 1968  pour retrouver sinon l’unité, au moins l’unité d’action. A cette époque, à La Seyne c’est René Aurus qui est secrétaire de l’UL . :

Interview de René AURUS

Ensuite, le secrétaire de l’UL sera Joseph Grimaud ( de 75 à 80)

1975 : grève a la Samic, sous traitant des FCM, énormément de travailleurs immigrés

Interview de Lucien Conac

1977 grève de 36 jours à Mammouth (Photos sur la page "photos anceinnes du menu archives historiques)

Presque que des femmes : la solidarité masculine sera sans failles, et les délégations incessantes….

« On fermait quand il n’y avait plus de client, et ça pouvait être à une heure vraiment avancée de la nuit ». La fermeture à 22 h fait partie des acquis de cette grève mémorable

 

83 : changement de municipalité. Après plus de 40 ans de mairie de gauche à majorité communiste, c’est la droite qui prend la mairie.

Actu archives personnelles

87 : conflit des 81. Sans doute la plus grande victoire syndicale sur La Seyne .Après plus d’un an de lutte…

Interview de Cinque

89 : fermeture des chantiers. Une catastrophe pour la ville, et aussi évidemment pour le syndicalisme de lutte. D’autant que les syndicats ont été « chassés » de la Bourse, au prétexte du manque de sécurité.

Les chantiers sont rasés très vite. En fait, il s’agit d’effacer de la mémoire collective toute trace de lutte. Des ouvriers ? il n’y en a jamais eu. Il en reste ? qu’on les disperse dans des zones lointaines, des ZAC, des ZI, des zig et des zag.  Des syndicats ? il n’y en aura plus ! Qu’on me mette les derniers peaux rouges dans une réserve, rue Beaussier, comme des apaches ! Qu’on nous donne des touristes !! de l’herbe verte ! des immeubles !

L’union locale ne compte plus que quelques centaines de syndiqués, et la direction sera collégial : commence la "reconstruction"

Interview de Marc

 


Sources et sites :

- Marius AUTRAN

http://marius.autran.pagesperso-orange.fr/


- Jacques GIRAULT

Liste des ouvrages et conférences

http://www.univ-paris13.fr/cresc/images/stories/PDF%20publis/jacques_girault_publis.pdf

La Var Rouge


- René MERLE

http://www.rene-merle.com/

- Histoire et Patrimoine seyois

http://www.histpat-laseyne.net/

- Devoir de mémoire

http://resistance.ftp.free.fr/index.htm

- Les relais de la mémoire (Paule Giloux)

- Site de l’INA

http://www.ina.fr/

- IHS (Institut d’histoire sociale CGT)

http://www.ihs.cgt.fr/

 

- Jean Marie GUILLON

http://telemme.mmsh.univ-aix.fr/laboratoire/membre.aspx?id=70

( la résistance dans le Var)

- René Aurus

- Lucien Conac et Francis Lyon (Vidéos perso, pour le CRCN et Histoire et patrimoine)

- Vidéos Perso sur Dailymotion

 

 


http://www.dailymotion.com/vaitrema83

Mis à jour ( Samedi, 13 Novembre 2010 08:41 )

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